Mes Motsdoubs

Ce blog prend le relai de mes 2 autres blogs :

Bricoler, jardiner avec passion, cuisiner avec amour, m'occuper de ma maison, réaliser de jolies tables, lire, faire des exercices d'écriture, photographier, bloguer et facebooker, initier mes petits enfants à la peinture et à plein d'autres choses, nager et bouger autant que mon corps me le permet...quoi c'est ça être retraitée vous êtes sûre, je pensais que c'était mon troisième métier!!!
A noter, qu'en entrant votre adresse mail en haut à droite de mes blogs vous pouvez être averti par un mail à chaque nouvel article

dimanche 1 mars 2015

La clé

exercice d'écriture d'après Pascal Perrat du blog entre2lettres.com



Elle était née avec une toute petite clé dans la main.
Personne ne savait à quoi elle pouvait servir.
Papa n'était pas serrurier, maman n'était pas musicienne.
Alors on s'interrogeait, qu'est-ce que cela voulait dire ?

Déjà une semaine que Justine était née, et Pierre et Anna ne cessaient de s’interroger sur la présence de cette petite clé dans la main de leur fille à la naissance. C’est Pierre qui l’avait vu, quand on avait posé la bébé sur sa mère. Au moment où elle avait cessé  de hurler, ces minuscules doigts s’étaient détendus, les mains s’étaient ouvertes et la clé avait glissé sur l’épaule d’Anna. En récupérant la clé, Pierre l’avait montrée à Anna, ses yeux trahissant la surprise. Anna encore sous le choc de la naissance n’avait pas réagi, le corps médical trop affairé n’avait rien remarqué. Ce n’est qu’une fois rentrée dans sa chambre, Justine dormant calmement, que Pierre avait sorti la clé de sa poche. Ils s’étaient regardé sans voix. Qu’est ce que cela pouvait signifier.

Cela faisait huit jours que les suppositions les plus folles avaient été évoquées. Et faire des suppositions faisait partie de leur fonctionnement. Tous deux agrégés d’histoire, avaient passé plusieurs années à faire des recherches pour leurs thèses.
Les remarques les plus stupides avaient été échangées entre le couple, créant un malaise, qui occultait la joie de cette naissance tant attendue.

C’est toi qui lui a mis dans la main avait dit Anna, pour me faire croire je ne sais quoi du reste….

Tu t’es faite poser un stérilet à mon insu et à la place le gynéco a mis une clé…
ah ah avait ricané Anna, tu en as encore beaucoup comme ça…

Souvent c’était Pierre qui se faisait accusateur, bien sûr pour lui seule Anna pouvait être responsable.

On a abusé de toi dans ton enfance, ...Anna le fixa d’un regard dur, … tu en as encore beaucoup des suppositions, accusations devrais-je dire, comme celle-ci! Nous étions très jeune quand nous nous sommes connus, aurais tu perdu la mémoire! Et les échographies n’ont rien révélé il me semble!

Tu sais qu’au moyen âge on t’aurait brûlé, avait rétorqué Pierre, fier de cette remarque. Anna l’avait mal pris, et lui avait répondu froidement : la sorcière t’ordonne de sortir d’ici...tu réapparaitras quand tu seras animé de meilleurs sentiments à mon égard!

C’était sans compter le fait qu’ils avaient partagé leur secret avec les parents de Pierre. Sa mère, avait insinué que c’était peut être une intervention divine… et le beau père de renchérir mais oui, comme Saint Pierre, elle a la clé du Paradis dans la main! Faites en faire des doubles et mettez nous en un dans la main quand nous mourrons, on ne sait jamais ça nous permettra peut être d’aller au paradis plus vite…

Anna se fâcha, ses beaux parents partirent sans avoir oublié de jurer sur la tête de leur petite fille qu’ils ne parleraient plus jamais, à quiconque de cette clé!

Anna était soucieuse, maintenant elle était sûre d’avoir déjà vu cette clé, mais tout semblait encore bien flou. Elle qui aurait voulu oublier pendant 3 mois ses travaux, elle sentait qu’elle devait se remettre à ses recherches... la solution était là mais ….peut-être pas que là.. 


Parallèlement à sa thèse elle avait fait des recherches généalogiques portant uniquement sur les femmes de son ascendance. Elle avait pu remonter jusqu’à une certaine Marie de Rougemont qui avait été adoptée par le comte et la comtesse de ce petit château perdu en Savoie. C’est cet isolement qui avait fait qu’aucun document n’avait été détruit.

Elle avait été très flattée d’avoir une telle arrière….arrière grand-mère. Elle s’était promise d’en savoir plus.  Le moment était venu.

Elle ressortit les copies qu’elle avait des différents actes concernant cette aïeule. Elle décrypta les documents attentivement et s’aperçut que l’enfant adoptée était née à l’abbaye de Hautecombe.
 Elle allait téléphoné au responsable de la bibliothèque.

Le sujet était devenu tabou entre Anna et Pierre. Trop accaparés par leur petite fille, ils n’en parlaient plus, la paix était revenue dans le couple. Cependant  la maman elle, ne cessait d’y penser.
Quelques jours plus tard elle reçut par mail les documents que possédaient l’abbaye. Marie  y était née, sa mère étant morte en couche, elle avait été par la suite adoptée. Sa mère s’appelait Anna de Précipiano, fille d’un comte de Florence. Alors enceinte à 15 ans, elle avait été chassée par celui-ci et avait été envoyée dans cette abbaye pour la bonne raison qu’à l’époque  la Savoie était italienne.

Anna fut étonnée que cette femme répudiée par sa famille porte le même prénom qu’elle. 
Elle savait, elle savait à quoi avait servi la clé…. maintenant.
Elle devait retourner à Florence. Elle avait vu des clé analogues si ce n’est identiques dans un musée. Cet objet était apparu en Italie, et c’est surtout au XVIII qu’il fut porter et non pendant les croisades comme l’histoire le racontait.

Le soir même elle proposa à Pierre de partir passer une semaine à Florence. Elle n’était pas à cours d’arguments, tu comprends pendant ma thèse je n’ai pas pu profiter de cette belle ville, cela nous ferait du bien à tous les trois...Pierre ne put refuser devant l’enthousiasme d’Anna. Le lendemain il posa une semaine de congé.

Anna avait noué quelques contacts pendant sa thèse, elle allait faire appel à eux. Les pièces du puzzle continuèrent de s’imbriquer. Ambrosio de Précipiano avait  en son temps passé commande pour sa femme et ses filles au prestigieux serrurier des Médicis. Sa fille Anna promise au fils ainé de cette célèbre famille, devait non seulement sortir accompagné mais surtout sortir « couverte »!
 Se sentant trahi par sa fille, quand il vit son ventre s’arrondir, et ne voulant pas passer pour ridicule aux yeux de l’aristocratie de la ville, il la mit à la porte avec pour destination une abbaye perdue de l’autre côté des Alpes.

A peine arrivés, Anna entraîna Pierre au palais Pitti. Ils se rendirent dans la partie présentant les vêtements du XVIII°. Les sous vêtements firent sourire Pierre, mais il perdit rapidement sa mine réjouie quand Anna sortit la clé de sa poche et  la plaça devant celle, identique qui avait servi à fermer la ceinture de chasteté qu’avait très certainement portée  Anna de Précipiano comme le disait la description.

Après 3 cappuccinos et deux heures d’échange au célèbre café Rivoire, ils se dirigèrent vers la fontaine de Neptune.
Empoignant chacun une extrémité de la clé, ils la lancèrent en se promettant de ne plus jamais évoquer le mystère de la clé!
Ils s’embrassèrent, jetèrent un regard ému à leur fille qui dormait paisiblement dans son landau et rentrèrent à l’hôtel.
 

1 commentaire:

  1. Je viens juste de te lire après avoir envoyé mon texte. Tu crois que beaucoup de bébés sont nés avec cette fameuse clé dans la main ? Nous sommes trois à en parler...
    J'aime beaucoup ton histoire.
    Et ta bannière tout ensoleillée me ravit les yeux : chez moi ce n'est que blancheur.
    Bises des montagnes

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...