Mes Motsdoubs

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Bricoler, jardiner avec passion, cuisiner avec amour, m'occuper de ma maison, réaliser de jolies tables, lire, faire des exercices d'écriture, photographier, bloguer et facebooker, initier mes petits enfants à la peinture et à plein d'autres choses, nager et bouger autant que mon corps me le permet...quoi c'est ça être retraitée vous êtes sûre, je pensais que c'était mon troisième métier!!!
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lundi 14 juillet 2014

Le dresseur de ruisseau

exercice d'écriture, d'après une idée de Pascal Perrat




Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseau. La vie suivait son cours, un jour cependant alors qu’il s’était assoupi, il fut réveillé par un coup de tonnerre. La pluie martelait le sol. Instinctivement il se leva et indiqua aux gouttes le chemin à suivre.                                                                             Puis la pluie cessa, laissant place à un ciel bleu traversé par un arc en ciel qui prenait naissance à la source du ruisseau.  Rassuré, il décida qu’il avait mérité un bon repos et s’installa sous un rocher. Son sommeil fut agité, peuplé de nuages noirs, d’éclairs qui fendaient le ciel et du fracas étourdissant du tonnerre.                                                                     
Rien ne le réveilla cette nuit là. Il dormit  comme une souche. Lorsqu’il ouvrit les yeux au matin, il eut une étrange sensation. Un frisson le traversa. Il était mouillé jusqu’aux os. Il n’avait rien senti ni entendu. Il bondit. Ses pieds glissèrent sur le sol humide. Il partit à la renverse, se rattrapa à une branche et évita de peu de se fracasser la tête sur un caillou pointu.   Il lui fallu quelques secondes pour réaliser…   

Le terrain était détrempé, à chaque pas il enfonçait dans le sol. Une pluie battante lui fouettait le visage. Le ciel était d’un noir d’encre.  Il courut jusqu’à la source pensant pouvoir raisonner son ruisseau. A peine arrivé il fut saisi d’effroi. Ce n’était pas, par une anfractuosité que jaillissait l’eau, mais par  des dizaines. Les deux énormes cavités, situées juste plus haut, dans lesquelles  il s’était si souvent réfugié, charriaient aujourd’hui des mètres cubes d’eau chaque seconde. L’eau n’était plus claire et limpide, elle était jaune, sale, transportant, sable, cailloux, branches…                                                                                                                           

Comme un fou il partit en aval. Il allait lui parler à son ruisseau, lui dire de se calmer, d’aller moins vite, de ne pas tout saccager sur son passage. Il avait beau hurler, sa voix était couverte par le rugissement du torrent en lequel son paisible ru  s’était métamorphosé.                                                                                                             

L’eau recouvrait la rive, il avait du mal à progresser. Il enfonçait jusqu’au genou. Un craquement ! Il leva la tête. La foudre venait de tomber sur le chêne centenaire. De nouveau il perdit l’équilibre mais cette fois il n’y avait rien auquel se rattraper. Il glissa  inexorablement dans les flots tumultueux.     

Rien de grave se dit-il ! Que peut-il arriver à l’ami du ruisseau ?   
Après s’être retrouvé dans un cours d’eau plus large, il avait poursuivi sa route dans une rivière et enfin dans un fleuve. Le ciel était toujours aussi sombre et menaçant, un déluge s’abattait sur le pays.                                                                                       
Il fut secoué, balloté, retourné, projeté contre les rochers, charrié comme un vulgaire morceau de bois des heures durant. Rien ne lui fut épargné !    

Il sentit ses forces l’abandonner. Il ferma les yeux. De longues minutes s’écoulèrent. l s’aperçut qu’il  n’entendait plus aucun  bruit. Il entrouvrit les paupières. Le ciel était bleu, l’eau s’étendait à perte de vue. Une lueur d’espoir jaillit en lui.
Puis soudain, une vague le bouscula, suivie d’une seconde. Malmené pendant un certain temps, il se retrouva assis sur un rocher au milieu d’une immensité bleue. Epuisé par le voyage il sombra dans le sommeil.  
Le lendemain, lorsqu’il  se réveilla, le soleil brillait, tout était calme, seules quelques vagues venaient de temps à autres finir leur course sur les rochers. Quand soudain une idée lui traversa l’esprit : et si je dressais les vagues !.....


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